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Plan de construction des Frigos ©Les Frigos

100 ans aux Frigos

La véritable histoire des Frigos commence juste après 14-18. Nous sommes rive gauche, à trois kilomètres de Notre-Dame, à la hauteur du Pont de Tolbiac. En face, de l’autre côté du fleuve s’étendent les entrepôts de Bercy. Paris se réveille de la grande guerre et il est temps d’approvisionner les Halles en produits frais pour une population gonflée par les réfugiés demandant à oublier les temps de disette. Le développement rapide du transport de marchandises périssables et de ses réseaux (marins, ferrés et aériens) a largement bénéficié des nouvelles techniques liées aux machines frigorifiques, permettant l’acheminement de grandes quantités de marchandises sur de longues distances. Le transport par voie ferrée (dans des wagons frigorifiques spécifiquement conçus) avait été largement expérimenté lors de la période 1914-1918 afin d’approvisionner en viande les lignes de front qui étaient prioritaires, et n’a cessé de se développer jusqu’à l’avènement du transport routier.

Photographies du quai de la Gare en 1915, des réfugiés de la Grande Guerre, des convois de trains de marchandises.

Source : Gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

La Compagnie Ferroviaire de Paris-Orléans entreprend donc en octobre 1919 la construction des “Frigos” afin de stocker les denrées périssables livrées depuis toute la France vers la capitale. La gare Frigorifique de Paris-Ivry voit le jour et est mise service en avril 1921, après environ 18 mois de construction : 24 chambres froides d’une surface utilisable de 5 000m², d’un volume de 17 000³m « frigorifiques », et d’une capacité de charge de 5 à 6 000 tonnes.

Vues (colorées) des archives des plans de construction d’époque, à noter le rectificatif du chapeau du réservoir d’eau.

Source : Gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Du temps de sa splendeur, les trains s’engouffraient dans le corps du bâtiment par l’est vers plusieurs quais aiguillables de débarquement de marchandises, dont deux intérieurs. Il en reste aujourd’hui peu de traces, mais subsistent toujours dans la cour nord (parking) d’anciens rails à peine visibles, car recouverts de bitume. Les nombreuses tuyauteries qui courent encore aujourd’hui le long des couloirs, rongées par la rouille, ainsi que les lourdes portes isolées qui demeurent par endroits, témoignent que l’on se trouvait alors au cœur d’un réfrigérateur géant. Des machines produisaient du froid et de la glace sur place, des rails fixés aux plafonds prenaient le relais des voies ferrées pour transporter des véritables téléphériques de denrées au gré des étages grâce à 4 monte-charges.

Série de photographies sur plaque de verre datant de 1921, provenant de l’Agence Roll.

Source : Gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Vues extérieure et intérieures des Frigos lors de son utilisation.

Source : Gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Non loin, l’implantation des Grands Moulins près du terminal ferroviaire accueillant les convois de denrées alimentaires conférait au quartier une vocation nourricière. A la fin des années soixante, la disparition programmée des Halles de Paris et l’ouverture du marché de Rungis en 1969 (en raison de l’augmentation de la demande alimentaire) entraînent l’arrêt de l’activité des entrepôts frigorifiques qui, dès lors, sont quasiment laissés à l’abandon durant une quinzaine d’années par son actuel propriétaire : la SNCF (depuis 1945).

Encart publicitaire des Entrepôts et Gares Frigorifiques (CEGF) dans la Revue Générale du Froid, 1945.

On reconnaîtra le personnage iconique représentant les Frigos depuis toujours.

Source : Gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France